NEWS / Qu’est-ce qu’il s’est passé depuis le début du huis-clos ?

Un résumé du procès dit de « l’Elbchaussée » depuis le 14 février 2019

Traduit de l’allemand, article en langue originale disponible ici

Posté par g20redak, un récit des événements survenus avant le 14 février devrait bientôt suivre.

Le 14 février, le policier M. Möller a été interrogé comme témoin. Il a reçu les résultats de l’analyse d’images et de vidéos demandées pour identifier les accusés. Il ne les a pas analysées lui-même, mais avait ordonné une expertise. Selon la description, il s’agit d’une vidéo sur laquelle on peut voir un groupe de cinq ou six personnes enlevant leurs vêtements et leurs masques de couleur noir tout en marchant, dans le quartier Paul-Nevermann-Platz/Präsident-Krahn-Strasse. La police pense avoir reconnu Loïc dans cette vidéo, tout en cherchant dans les autres images vidéo existantes, où cette personne supposée être Loic pouvait apparaître. Puisque les personnes sont masquées, les enquêteurs ont procédé par la taille et par l’allure. La police prétend ensuite l’avoir vu, entre autres endroits, près de la banque de l’allée Max-Brauer, en train de placer un objet pyrotechnique dans l’entrée d’une maison. Et ceci toujours uniquement selon son gabarit et l’analyse de sa démarche . Une autre personne avec des motifs blancs sur les gants, se serait trouvée aux cotés de cette personne aussi bien dans la Max-Brauer-Allee qu’à la gare.

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POÈME / La fleur de l’ange

La fleur de l’ange

Toi petite fleur jaune desséchée pour donner
A mon cœur en aumône tes bons thés transcendés,
Des vertus par ta mort comme un doux sacrifice,
Qui l’eut cru tel un sort qui éloigne nos vices.

Mais j’ai perdu ton nom comme j’ai perdu l’amour
Pour une autre saison, pour un autre séjour
Où ici rien ne pousse que des lamentations
Que des cris, des secousses aux murs des détentions.

Et les noms que l’on donne ont si peu de valeurs
Aux bourdons qui fredonnent au milieu de la fleur
Eux seuls savent murmurer son prénom en son sein
Aux pétales des beautés, aux pollens des destins.

L’Allemagne est un ange mais c’est aussi l’enfer,
Où les deux se mélangent d’aveuglantes lumières.
La forêt nucléaire, l’invisible toujours
Dis comment se défaire des prisons de l’amour.

L’armée du roi d’Hambourg car j’aurai saboté
Du poème troubadour les anges aiment sa beauté
Allez donc appliquer votre loi sur les armes,
Aux Etats impliqués dans le trafic d’armes.

Il y en a qui siègent au sommet du G20
Indignés d’autres assiègent l’hypocrite chemin
Là où n’est que la place en vos démocraties
Pour des banques rapaces, parlement des lobbies.

Poème écrit par Loïc en octobre 2018 à la prison de Nancy-Maxéville

NEWS / ‌Récit des audiences de la fin février par les parents de Loïc

« Bonjour les amis,

Nous avons passé quelques jours à Hambourg : jeudi le 14 février marque une étape importante dans ce procès des cinq jeunes impliqués à la manif anti G20 : la libération provisoire de deux jeunes inculpés venant de Frankfurt; c’était le jour d’anniversaire de l’un d’eux et Loïc, le seul détenu actuel des cinq inculpés, a pu observer les feux d’artifice lancés ce soir-là aux abords de la prison.

Les 4 journées de procès auxquelles nous avons assisté ont vu défiler une bonne dizaine de témoins : des enquêteurs de la police criminelle, des habitants du quartier Elbchaussée, des passants et un agent de service des parcs avoisinants. Ils ont parlé des événements au matin du 7 juillet 2017 et nous avons également eu droit à des vidéos. La juge Anne Meyer-Göring mène les débats avec beaucoup de sollicitude et conduit les séances avec une constante préoccupation de la recherche de la vérité en étant à l’affût de toute contradiction dans les témoignages écrits et oraux. Les diverses interventions de tous les membres du tribunal sont soigneusement prises en considération sans faire l’impasse de quelques touches d’humour. Les dix avocats s’impliquent avec beaucoup de ferveur et conviction pour défendre les accusés et les soutenir dans leur peine.

Nous avons pu constater que Loïc reçoit beaucoup de lettres puisque la juge lui a remis tout un paquet de lettres à trois reprises avec toutefois un bémol lorsqu’ elle a indiqué aux personnes du tribunal que celles-ci sont traitées de « Schweine » ce qui se traduit « cochons ». Tous se sont indignés de cette comparaison et regrettent que quelqu’un puisse ainsi salir la communication qui se pratique par ailleurs avec beaucoup de déférence.

Nous avons également rendu visite à notre fils lundi matin 18 février ; il est content d’avoir été changé de bâtiment et il peut sortir de sa cellule 6 heures par jour. Il peut ainsi participer à plusieurs activités dont la chorale et la messe ou culte en alternance le dimanche matin. Les après-midi, il se retrouve souvent avec d’autres prisonniers de son étage dans une salle commune pour un jeu de société (Risk ou Monopoly) , jouer au tennis de table ou encore faire la cuisine.

Il reçoit plusieurs journaux et a plein de livres en réserve et ne souhaite pas en recevoir d’autres en ce moment. Le deuxième envoi d’une radio avec lecteur de CD a échoué, mais Loïc a toutefois pu écouter une émission de radio sur FSK enregistrée avec ses parents ; il nous a avoué qu’il a pleuré en entendant sa maman chanter Ma liberté, longtemps je t’ai cherchée comme une perle rare… .

Nous sommes personnellement touchés de la solidarité pour notre fils et pour nous-mêmes de la part des familles des autres inculpés et de plein de gens qui nous témoignent des signes d’amitié et de soutien ; ci-joint une banderole qui exprime un profond souhait de nombreuses personnes qui nous sont devenues très proches alors que nous ne les connaissions pas auparavant. »

Henri et Henriette Schneider