TRADUCTION / Résumé des audiences des 23e et 24e jours du procès Elbchaussee

Voici, traduit de l’allemand, le récit fait par les camarades de United We Stand qui organisent le soutien sur place à chaque audience du procès de Loïc et de ses co accusés et  peuvent ainsi, malgré le huis clos, récolter quelques informations sur le déroulement des audiences.

Jeudi 2 mai

Quatre officiers de police ont été entendu.e.s comme témoins dans la matinée. Ces policier.es sont les auteur.e.s des rapports des auditions des habitant.e.s du quartier, qui contiennent en partie des inexactitudes flagrantes. Outre les déclarations classiques des témoins policiers, de type « si je l’ai rédigé ainsi c’est que la personne l’a déclaré ainsi », il s’est avéré qu’à part ces écrits, les policier.e.s n’ont pas de souvenirs concrets de ces interviews. Leurs annotations sont une source considérable d’erreurs.

Il n’est d’ailleurs toujours pas clair si les témoins ont été informés correctement du caractère officiel de l’audition avant d’être interrogés par la police. La version serait désormais qu’il ne s’agissait pas de véritables interrogatoires mais seulement de « questions informelles ». Dans certains cas, des discussions en internes ont eu lieu entre les policier.es pour décider, après les appels téléphoniques avec les témoins mais avant leur transcription, s’il était opportun ou non de les formaliser, et ce en fonction de leur contenu.

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TRADUCTION / Résumé de l’audience du 26 avril 2019 du procès Elbchaussee

Voici, traduit de l’allemand, le récit fait par les camarades de United We Stand qui organisent le soutien sur place à chaque audience du procès de Loïc et de ses co accusés et qui peuvent ainsi, malgré le huis clos, récolter quelques informations sur le déroulement des audiences.

Le vendredi 26 avril, un témoin a été entendu et l’audience a été levée plus tôt en raison des problèmes de santé d’un des participants.

Le témoin était le chauffeur de bus, qui s’est retrouvé au milieu de la marche avec son véhicule. Selon lui d’abord 3-4 personnes puis 300-400 personnes habillées en noir sont sorties du parc Heinepark vers la rue Elbchaussee. Certaines personnes ont sorti des poubelles déjà en feu du parc et d’autres en ont tiré et les ont enflammées dans la rue. Au début il s’est dit que tout allait bien se passer, parce que le premier rang des personnes masquées l’ont salué gentiment de la main et qu’il ne s’est rien passé d’autre. Le tout avait l’air d’une manifestation tout à fait normale. Il s’agissait certes d’un groupe déterminé, mais pas d’une marche au pas ou d’un groupe avec une forme spécifique.

Après qu’environ la moitié du groupe ait défilé, une personne a allumé un Bengale (fumigène) devant le bus. Ce fut comme un signal de départ. Les personnes se trouvant directement devant le bus ont commencé à courir et d’autres ont incendié une Saab puis ont arraché une barrière de construction du sol. Des barricades ont été érigées derrière le bus. Les personnes suivantes ont cassé les vitres de la double porte du bus (« Porte 1 ») avec un pied de biche. Les rétroviseurs des deux côtés ont également été brisés. Le tout a duré environ 8 minutes.

Le chauffeur s’est ensuite occupé des passagers et a consolé deux femmes en pleurs. Il a par la suite conduit lentement entre les barricades en feu et a continué en direction de Teufelsbrück. La dernière barricade se situait a environ 100 mètres derrière l’arrêt de bus Susettestrasse. Une fois arrivé à Teufelsbrück, il a laissé descendre les passager.e.s. Il s’agissait uniquement d’employé.e.s d’Airbus. Après avoir repris son souffle quelques minutes, il est reparti vers le dépôt. Ce trajet qui dure normalement 20 minutes lui a pris 1h30 parce qu’il était complètement épuisé. Sur le chemin (toujours dans la Elbchaussee), il a vu trois autres bus à l’arrêt. Vers 7h50 le trafic de bus était stoppé dans tout le quartier d’Altona.

Dans son témoignage il a relativisé les conséquences de cette action sur sa personne. Il a suivi un traitement ambulatoire tout de suite après (puis plus tard un traitement stationnaire suite à un autre accident). Après un temps de réadaptation il travaille de nouveau dans des conditions normales. Il est cependant encore craintif et ne travaille que sur certaines lignes moins fréquentées, parce qu’il a peur des foules, mais cela va mieux.

La chambre a finalement annoncé qu’elle voulait au moins auditionner les chauffeurs de bus qui venaient de la direction opposée. L’audience se poursuivra le 2 mai. L’après-midi, l’équipage de l’hélicoptère qui survolait la ville (au moins à la fin de l’action) devrait témoigner.

Source: https://unitedwestand.blackblogs.org/bericht-vom-26-04-19-im-elbchaussee-prozess/

POÈME / Où sont mes larmes ?

Voici un nouveau poème de Loïc écrit il y a quelques mois et qui nous est parvenu par courrier. D’autres arrivent !

Si vous souhaitez retrouver l’ensemble des poèmes de Loïc qui ont été publiés ici, vous pouvez cliquer en  bas à gauche sur la catégorie « poésie ». D’autres sont à venir !

Où sont mes larmes ?

De ces vagues d’émoitions qui accostent mon rivage,
Écumes d’exploitation s’échouant sur la plage,
Ma vie  la valeur de cet autre qui se noit,
En l’oiseau migrateur nulle frontière ne se voit

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NEWS / Récit parcellaire d’une affaire de charogne

Les quelques lignes qui suivent sont issues de paroles rapportées mais relatent des faits avérés. Il faut les lire comme telles, quelque part entre la réalité et la fiction. Telles sont les conséquences de l’interminable huis clos infligé à notre ami. En attendant de recevoir prochainement quelques mots de sa main, nous sommes contraints de raconter comme faire se peut les épisodes d’un procès auquel nous n’assistons plus.

Au tribunal de Hambourg, les audiences étaient émaillées de multiples pauses. Durant les premières semaines, Loïc se voyait systématiquement extrait de la salle et emmené par des surveillants dans une petite cellule à proximité. Il devait attendre là la reprise des débats et ce ballet de portes et de verrous pouvait s’exécuter plusieurs fois par jour. On ne sait si c’est l’absurdité de la chose ou bien la bonne conduite de notre ami qui vinrent à bout de ce rituel idiot mais toujours est-il que la pratique cessa au bout de quelques temps. Loïc patientait désormais dans la salle d’audience jusqu’au retour de la cour et des jurés, en compagnie de ses avocats et des autres inculpés. Et puis, récemment, il eut la mauvaise surprise de se voir emmener de nouveau dans la coulisse du tribunal par quelques gardes plus zélés que les autres. Ils le conduisirent dans une cellule encore plus exiguë, plus sombre qu’à l’accoutumée. Un cachot, faudrait-il plutôt écrire. Ce cachot, il n’avait pas encore eu le loisir de le visiter et lorsqu’il y a entra contre son gré, il baignait dans une faible lueur et une odeur pestilentielle.

On ne sait combien de temps dura cet internement qui devait avoir le goût à présent familier de l’arbitraire. Quand ils ouvrirent la porte pour l’extraire, Loïc fit probablement remarquer aux surveillants combien la cellule était indigne. Jamais il n’en avait fréquenté d’aussi répugnante. Dans un allemand parfois hésitant, il les invita peut-être à entrer pour constater par eux-mêmes mais ils le repoussèrent vigoureusement dans le dos [1]. On imagine la morgue se faufilant sur ces visages endurcis. Ils accompagnèrent l’accusé jusqu’à sa place puis reprirent position de chaque côté de la porte. Si quelqu’un, alors, avait regardé ces agents de la pénitentiaire, il aurait pu voir qu’ils ne parvenaient pas à masquer la satisfaction d’avoir joué ce qui pour eux n’était qu’un mauvais tour. Mais personne, bien entendu, ne les regarda. On ne les regardait jamais que quand ils sortaient les muscles. Dans ce décor grandiloquent, ils étaient comme des lustres suspendus au dessus de l’assemblée, le faste des dorures en moins.

Les débats reprirent leurs cours. On ne sait quel obscur point de détail avait occupé les magistrats durant l’heure précédente mais ils commencèrent à exposer leurs conclusions. Il est vraisemblable que l’attention n’était pas à son comble. La ferveur qui avait accompagné l’ouverture du procès avait cédé la place à une routine besogneuse. Les avocats notaient les alinéas cités, les accusés s’en remettaient à eux et Loïc écoutait les explications de l’interprète assise à sa gauche. On ne sait qui, parmi la vingtaine de personnes présentes, nota en premier l’odeur fétide qui s’étirait depuis le fond de la salle. Elle se répandait comme une rumeur nauséabonde. Les têtes se tournaient, elles gigotaient, se penchaient piteusement à la recherche d’une explication. Alors la juge s’interrompit. Avec son air de professeure de biologie en fin de carrière elle interrogea l’assistance sur ce qui la distrayait de la sorte. On chercha une manière adéquate pour l’informer du désagrément. L’un des deux procureurs proposa peut-être avec euphémisme que l’on ouvrit grand les fenêtres. Chacun tournait autour du pot. La juge excédée réclamait un peu d’apaisement lorsque le relent suspect se hissa jusqu’à son piédestal. Elle s’en offusqua dans un langage fleuri. Elle ne ratait jamais une occasion de s’échapper brièvement de son rôle. Cela déclenchait quelques rires, elle témoignait ainsi de son humanité et tentait de susciter un élan d’empathie parmi celles et ceux, au pied de l’estrade, qui faisaient office de sujets pour sa cour. On ouvrit les fenêtres.

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SOLIDARITÉ / Appel à soutien pour R. détenu depuis 4 mois à Toulouse

Nous reproduisons ici l’appel à soutien lancé récemment par des ami.e.s de R., gilet jaune toulousain détenu arbitrairement depuis le mois de février parce que son nom figure dans une instruction sur laquelle il ne sait rien. Une fois encore, c’est le cadre juridique de l’association de malfaiteurs qui permet de le priver indéfiniment de sa liberté. La solidarité est notre arme, liberté pour R. et Loïc, liberté pour tout.e.s les personnes enfermées.

Pour suivre cette affaire : malfaiteursassocionsnous.noblogs.org

Malfaiteurs associons-nous ! – Appel à soutien

Le 2 février, le jour de l’acte XII, R. se fait contrôler près du lieu de manifestation à Toulouse : peu importe l’intention d’y aller ou non, l’arrêté préfectoral autorise contrôles et fouilles dans le périmètre. R. finit en garde à vue puis en prison pour “association de malfaiteurs”. Il est depuis maintenu en détention provisoire depuis bientôt quatre mois.

Ici la justice ne s’embarrasse pas de faits ou d’associé·e·s : les éléments à charge sont quelques clés en sa possession : allen, ptt et torx ainsi qu’une appartenance supposée à la mouvance anarchiste et/ou “ultragauche”. On comprend alors que c’est grossièrement l’ensemble des évènements des derniers mois qu’ils essaient de lui imputer : flics, procs et juges ont ici un bouc-émissaire idéal.

D’autant plus que le délit d’ “association de malfaiteurs” permet d’étendre les moyens de surveillance et d’enquête dont disposent les pandores. A Toulouse, c’est d’ailleurs dans ce cadre que plusieurs enquêtes sont ouvertes concernant le mouvement gilet jaune.

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