POÉSIE / La fôret de quiconque

Encore un poème de Loïc reçu récemment et dont il demande à ce qu’il soit publié ici.

Bientôt, nous proposerons un fichier rassemblant l’ensemble des poèmes écrits ces dernières années par notre ami, à Bure, à l’université, en cavale ou en détention, des textes publiés sur internet ou inédits. Il souhaite plus que tout que ces mots circulent, qu’ils soient diffusés librement, repris, imprimés, écrits sur les murs à la craie ou à la bombe.

Bonne lecture !

 

La forêt de quiconque

L’amour est indomptable, c’est le jeu des esprits,
Aucun n’est responsable, le passé nous poursuit.
Blessure en géritage, on se venge aux conquêtes
A l’usure sont-elles sages, ces jouissances qui sécrètent;

Tant de vie, de semences, dans le vide tourment,
Où l’on fuit la souffrance de ce premier moment,
Où s’est éteint son coeur à l’amour véritable,
Quand l’étreinte en sueur a invoqué la fable.

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POÉSIE / Les fraisiers de Loïc

C’est le printemps et nous en profitons pour partager avec vous les règles et motifs de la grande « Quête du Fraisier » telles que rédigées par notre ami il y a quelques semaines derrière les murs de la prison de Hambourg.

Il y a un an, de petits fraisiers, six exactement, sont nés sous mandat d’arrêt européen. « Ces fraisiers sont en lutte contre le monde marchand, pour cette raison il ne faudra jamais les vendre », nous explique Loïc avant de déployer un savant calcul devant aboutir au bout de quelques années à l’envahissement de notre planète par quelques centaine de millions de fraisiers ayant solidairement essaimé de par le monde. Ce n’est pas la pire des perspectives en ces temps d’effondrement !

POÈME / Où sont mes larmes ?

Voici un nouveau poème de Loïc écrit il y a quelques mois et qui nous est parvenu par courrier. D’autres arrivent !

Si vous souhaitez retrouver l’ensemble des poèmes de Loïc qui ont été publiés ici, vous pouvez cliquer en  bas à gauche sur la catégorie « poésie ». D’autres sont à venir !

Où sont mes larmes ?

De ces vagues d’émoitions qui accostent mon rivage,
Écumes d’exploitation s’échouant sur la plage,
Ma vie  la valeur de cet autre qui se noit,
En l’oiseau migrateur nulle frontière ne se voit

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POÈME / La fleur de l’ange

La fleur de l’ange

Toi petite fleur jaune desséchée pour donner
A mon cœur en aumône tes bons thés transcendés,
Des vertus par ta mort comme un doux sacrifice,
Qui l’eut cru tel un sort qui éloigne nos vices.

Mais j’ai perdu ton nom comme j’ai perdu l’amour
Pour une autre saison, pour un autre séjour
Où ici rien ne pousse que des lamentations
Que des cris, des secousses aux murs des détentions.

Et les noms que l’on donne ont si peu de valeurs
Aux bourdons qui fredonnent au milieu de la fleur
Eux seuls savent murmurer son prénom en son sein
Aux pétales des beautés, aux pollens des destins.

L’Allemagne est un ange mais c’est aussi l’enfer,
Où les deux se mélangent d’aveuglantes lumières.
La forêt nucléaire, l’invisible toujours
Dis comment se défaire des prisons de l’amour.

L’armée du roi d’Hambourg car j’aurai saboté
Du poème troubadour les anges aiment sa beauté
Allez donc appliquer votre loi sur les armes,
Aux Etats impliqués dans le trafic d’armes.

Il y en a qui siègent au sommet du G20
Indignés d’autres assiègent l’hypocrite chemin
Là où n’est que la place en vos démocraties
Pour des banques rapaces, parlement des lobbies.

Poème écrit par Loïc en octobre 2018 à la prison de Nancy-Maxéville

POÈME / Gagner sa perte

Cher.e.s amies,
Voici un nouveau poème de Loïc, écrit depuis la prison de Hambourg. De quoi se donner du courage, de la force et de l’énergie pour attaquer cette nouvelle année. Qu’elle vous soit belle et magique, faite de luttes et d’amitiés, partout où cela est nécessaire, autrement dit partout.

Le procès reprend le 8 janvier (audience de 15 minutes seulement) puis le 10 (audience plus longue).

À bientôt !

Gagner sa perte

Tu as gagné ta vie mais a perdu la terre,
Tu as gagné ta vie aux labeurs d’autres frères,
Et de sœurs qu’on oublie, toutes ces femmes condamnées,
En ce qui les maquillent pour pouvoir exister.

Qu’il est pauvre le cœur des civilisations,
Qui ne bat qu’au labeur de ses exploitations,
Et toutes ces connaissances au prix des destructions,
Pour saisir l’évidence : nature est perfection.

Je veux boire l’eau des fleuves mais elle n’est plus potable
Et les agriculteurs sont devenus comptables,
Pendant que des idiots veulent irradier le sol,
Nucléaire fléau stoppant sa course folle.

Je ne peux plus le faire depuis là où je suis,
Mais chante à l’univers que se lèvent d’autres vies,
Pour sauver les forêts, libérer des espaces,
De ce joug du progrès qui progresse en l’impasse.

Soirée du 24 novembre 2018, prison de Hambourg.

Photo : à Sivens où la forêt avait été rasée pour un barrage qui ne verra jamais le jour, la nature reprend peu à peu (difficilement) ses droits.